Equinozio – XI

António de Lima Fragoso (1897 - 1918): Chanson d’automne (1917) su testo di Paul Verlaine. Carlos Guilherme, tenore; Armando Vidal, pianoforte.

Les sanglots longs
des violons
   de l’automne
blessent mon coeur
d’une langueur
   monotone.

Tout suffocant
et blême, quand
   sonne l’heure,
je me souviens
des jours anciens,
   et je pleure…

Et je m’en vais
au vent mauvais
   qui m’emporte
de çà, de là,
pareil à la
   feuille morte…


AdLF

Chiari di Luna – IV

Claude Debussy (1862 - 1918): Clair de Lune, III movimento della Suite bergamasque per pianoforte (1890-1905). Il brano, ispirato da una poesia di Paul Verlaine, è qui eseguito dall’autore (incisione su rullo per pianoforte automatico, risalente al 1913).


Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d’extase les jets d’eau,
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.

(Paul Verlaine)


Debussy, Clair de Lune

Chiari di Luna – II

Gabriel Fauré (1845 - 1924): Clair de Lune (Menuet ), mélodie per soprano e orchestra op. 46 n. 2 (1887) sul medesimo testo di Paul Verlaine (da Fêtes galantes, 1869) che ispirò a Debussy il III movimento della Suite bergamasque. Natalie Dessay, soprano; Radion sinfoniaorkesteri, dir. Hannu Lintu.


Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d’extase les jets d’eau,
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.

(Paul Verlaine)


Fauré, op. 46 n. 2

Effet de nuit

Sylvio Lazzari (30 dicembre 1857-1944): Effet de nuit, poema sinfonico per orchestra (1901) ispirato da una poesia di Paul Verlaine. Orchestre du Capitole de Toulouse, dir. Michel Plasson.

La nuit. La pluie. Un ciel blafard que déchiquette
De flèches et de tours à jour la silhouette
D’une ville gothique éteinte au lointain gris.
La plaine. Un gibet plein de pendus rabougris
Secoués par le bec avide des corneilles
Et dansant dans l’air noir des gigues nonpareilles,
Tandis, que leurs pieds sont la pâture des loups.
Quelques buissons d’épine épars, et quelques houx
Dressant l’horreur de leur feuillage à droite, à gauche,
Sur le fuligineux fouillis d’un fond d’ébauche.
Et puis, autour de trois livides prisonniers
Qui vont pieds nus, un gros de hauts pertuisaniers
En marche, et leurs fers droits, comme des fers de herse,
Luisent à contresens des lances de l’averse.

Paul Verlaine (da Eaux-fortes, 1866)


Une Châtelaine en sa tour

Gabriel Fauré (1845 - 1924): Une Châtelaine en sa tour per arpa op. 110 (1918). Anneleen Lenaerts.
Il titolo è un verso di Verlaine:

Une Sainte en son auréole,
Une Châtelaine en sa tour,
Tout ce que contient la parole
Humaine de grâce et d’amour.

La note d’or que fait entendre
Un cor dans le lointain des bois,
Mariée à la fierté tendre
Des nobles Dames d’autrefois.

Avec cela le charme insigne
D’un frais sourire triomphant
Éclos dans des candeurs de cygne
Et des rougeurs de femme-enfant.

Des aspects nacrés, blancs et roses,
Un doux accord patricien.
Je vois, j’entends toutes ces choses
Dans son nom Carlovingien.

(la Bonne chanson VIII)