Ogni notte

Clément Janequin (c1485-1558): Toutes les nuits (1547). Le Poème Harmonique: Claire Lefilliatre, soprano; Nanja Breedijk, arpa doppia; Vicent Dumestre, liuto. Video vangoghiano…

Toutes les nuits tu m’es présente
Par songe doux et gracieux.
Mais tous les jours tu m’es absente
Qui m’es regretz fort ennuyeux.

Puis donc que la nuit me vaut mieux
Et que je n’ai bien que par songe.
Dormez de jour, Ô pauvres yeux!
Afin que sans cesse je songe.


Janequin, Toutes les nuictz

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Belle cose bellicose

Clément Janequin (c1485-1558): la Guerre (la Bataille de Marignan), chanson a 4 voci (1555). Ensemble «Clément Janequin».
La partitura è interessantissima: leggendola e insieme ascoltando il brano, sono tutte da gustare le numerose onomatopee 🙂
Ecco il testo, per chi non sa (o non vuole) leggere la musica:

1ère partie:
Escoutez, tous gentilz Galloys,
La victoire du noble roy Françoys.
Et orrez, si bien escoutez,
Des coups ruez de tous costez.
Phiffres, soufflez,Frappez.
Tambours toujours!
Aventuriers, bons compagnons,
Ensemble croisez vos bastons.
Bendez soudain, gentils Gascons.
Nobles, sautez dans les arçons,
La lance au poing hardiz et prompts,
Comme lyons!
Haquebutiers, faites vos sons!
Armes bouclez, frisques mignons.
Donnez dedans! Frappez dedans!
Alarme, alarme.
Soyez hardiz, en joye mis.
Chacun s’assaisonne,
La fleur de lys,
Fleur de haut pris,
Y est en personne.
Suivez Françoys,
Le roy Françoys,
Suivez la couronne!
Sonnez trompettes et clarons,
Pour resjouyr les compagnons.

2ème partie:
Fan fre le le,
Fan fan feyne,
Fa ri ra ri ra,
A l’étendard,
Tous avant,
Boutez selle,
gens d’armes à cheval,
Frere le le fan fan.
Bruyez, tonnez,
Bombardes et canons,
Tonnez gros couteaux et faulcons,
Pour secourir les compagnons.
Von pa ti pa toc,
Ta ri ra ri ra ri ra reyne,
Pon, pon, pon, pon,
Courage, courage,
Donnez des horions.
Chipe, chope, torche, lorgne,
Pa ti pa toc,
Tric, trac zin zin,
Tue! à mort ; serre,
Courage prenez,
Frappez, tuez.
Gentils galants, soyez vaillants,
Frappez dessus, ruez dessus,
Fers émolus, chiques dessus,
Alarme, alarme!
Ils sont confus, ils sont perdus,
Ils montrent les talons.
Escampe toute frelore,
La tintelore,
Ils sont défait.
Victoire au noble roy Françoys,
Escampe toute frelore bigot.



Andrea Gabrieli (c1533-1585): Aria della battaglia per sonar d’istrumenti da fiato (pubbl. 1590), trascrizione della chanson di Janequin. Symposium musicum, dir. Miloslav Klement.


La battaglia di Marignano, passata alla storia come «battaglia dei giganti», ebbe luogo cinquecento anni fa, dal 13 al 14 settembre 1515.
Urs Graf

De ce cornet le son


Clément Janequin (c1485-1558): Ventz hardis et légiers, chanson a 4 voci (1552). Ensemble «Clément Janequin».

Ventz hardis et légiers,
soyez moy messagiers,
Portez ou est m’amye
De ce cornet le son,
Elle trouvera bon
Par sus toute harmonie.
Tron tron tron…
Que cela signifie
Tron tron tron…
A elle mon retour.
Tron tron tron…
Dictes luy que ma trompe
Son désir point ne trompe
Et qu’y seray ce jour.
Tron tron tron…

Un bacio oppure mille (un post colmo d’amore)

Thoinot Arbeau (pseudonimo di Jehan Tabourot, 1519-1595): Belle, qui tiens ma vie, chanson ovvero pavana. La Capella Reial de Catalunya e Hespèrion XXI, dir. Jordi Savall.
(L’avevamo già ascoltata nell’elaborazione di Philip Heseltine alias Peter Warlock.)

Belle, qui tiens ma vie
captive dans tes yeulx,
qui m’as l’âme ravie
d’un soubzris gracieux,
viens tost me secourir
ou me fauldra mourir.

Pourquoy fuis-tu mignarde
si je suis près de toy,
quand tes yeulx je regarde
je me perds dedans moy
car tes perfections
changent mes actions.

Approche donc, ma belle,
approche toy mon bien,
ne me sois plus rebelle
puis que mon coeur est tien,
pour mon mal appaiser,
donne-moy un baiser.



Clément Janequin (c1485-1558): Petite nymphe folastre, chanson a 4 voci (pubblicata negli Amours de Pierre de Ronsard, 1552). The Montreal Bach Choir Society, dir. George Little (non più disponibile su YouTube); Promusica.

Petite nymphe folastre,
nymphette que j’idolatre,
ma mignonne dont les yeulx
logent mon pis et mon mieux;
ma doucette, ma sucrée,
ma grâce, ma cytherée,
tu me doibs pour m’appaiser
mille fois le jour baiser.


Era il 1970 o giù di lì, avevo 14 anni (o giù di lì) e mi capitò quasi per caso di ascoltare due chansons di Janequin (le Chant des oyseaulx e, appunto, Petite nymphe folastre) interpretate dal coro di Montreal: fu un colpo di fulmine.
Buona festa di san Valentino 🙂


Martin menoit

Clément Janequin (c1485-1558): Martin menoit son pourceau au marché, chanson a 4 voci (1535); testo di Clément Marot. Ensemble «Clément Janequin».

Martin menoit son pourceau au marché,
avec Alix qui en la plaine grande
pria Martin de faire le péché
de l’ung sur l’aultre, et Martin luy demande:
“Et qui tiendroit nostre pourceau, friande?”
“Qui, dist Alix, bon remede il y a”.
Lors le pourceau à sa jambe lya.
Et Martin juche qui lourdement engaine.
Le porc eut peur et Alix s’escria:
“Serre Martin, nostre pourceau m’entraine”.


Andrea Gabrieli (c1533-1585): Canzon francese detta Martin menoit a quattro voci di Ianequin. Konstantin Gleb Davydov, organo di Domenico di Lorenzo da Lucca (1509-1521) della Basilica della Santissima Annunziata in Firenze.


Il estoit une fillette



Clément Janequin (c1485-1558): Il estoit une fillette, chanson a 4 voci (1540). Ensemble «Clément Janequin» (sopra) e Quatuor vocal Le Plisson.

Il estoit une fillette
qui voulait scavoir le jeu d’amour.
Un jour qu’elle estoit seulette,
je luy en appris deux ou trois tours.
Après avoir senty le goust
elle me dit en soubzriant:
“Le premier coup me semble lour
mais la fin me semble friant”.
Je luy dit “Vous me tentez”,
elle me dit “recommencez!”
Je l’empoigne, je l’embrasse, je la fringue fort.
Elle crie “Ne cessez!”
Je lui dis “Vous me gastez,
Laissez moy petite garce, vous avez grant tort”.
Mais quand ce vint a sentir le doulx point
vous l’eussiez veu mouvoir si doulcement
que son las cueur luy tremble fort et poingt
mais dieu merci c’estoit un doulx tourment.

Variazioni sopra una chanson del ’500

Alain: Variations sur un thème de Clément Jannequin (sic!). Il brano che presta il tema a questa composizione, L’espoir che j’ai d’acquérir votre grâce, risale al ‘500;  Alain lo rinvenne in una raccolta che era appartenuta alla nonna materna del musicista, dove la chanson era attribuita erroneamente a Janequin: in realtà l’autore è ignoto. Le Variazioni sono qui interpretate dall’organista svizzero Pierre Segond (1913-2000), dedicatario della composizione.

Il moravo Leoš Janáček (1854-1928) e il francese Jehan Alain (1911-1940) sono i compositori che sento a me più vicini di ogni altro.

Fratello maggiore della famosa organista Marie-Claire, Alain dedicò la parte più consistente della propria produzione all’organo, potendo esercitarsi, improvvisare e comporre su uno strumento costruito in casa dal padre Albert. Scrisse brani di intensa spiritualità e pagine spensierate, pervase da un umorismo a volte sottile, a volte sanguigno; composizioni coloratissime, animate da un’intensa gioia di vivere, e minuti disegni a pastello capaci di toccare nel profondo. Il tutto è sempre impreziosito da squisita poesia.

Jehan Alain morì in azione di guerra presso Saumur il 20 giugno 1940, ultimo giorno di primavera. Aveva 29 anni.