Soleils de septembre

Lili Boulanger (1893 - 1918): Soleils de septembre per coro e pianoforte (1912) su testo di Auguste Lacaussade (da Poèmes et Paysages). Friederike Schorling, contralto; Orpheus Vokalensemble, dir. Michael Alber; Antonii Baryshevskyi, pianoforte.

Sous les tièdes rayons des soleils de septembre
Le ciel est doux, mais pâle: et la terre jaunit.
Dans les forêts la feuille a la couleur de l’ambre;
L’oiseau ne chante plus sur le bord de son nid.

Du toit des laboureurs ont fui les hirondelles;
La faucille a passé sur l’épi d’or des blés;
On n’entend plus dans l’air de frémissements d’ailes:
Le merle siffle seul au fond des bois troublés.

La mousse est sans parfum, les herbes sans mollesse;
Le jonc sur les étangs se penche soucieux;
Le soleil, qui pâlit, d’une tiède tristesse
Emplit au loin la plaine et les monts et les cieux.

Les jours s’abrègent ; l’eau qui court dans la vallée
N’a plus ces joyeux bruits qui réjouissaient l’air:
Il semble que la terre, et frileuse et voilée,
Dans ses premiers frissons sente arriver l’hiver.

Ô changeantes saisons! ô lois inexorables!
De quel deuil la nature, hélas! va se couvrir!
Soleils des mois heureux, printemps irréparables,
Adieu! ruisseaux et fleurs vont se taire et mourir.

Mais console-toi, terre! ô Nature! ô Cybèle!
L’hiver est un sommeil et n’est point le trépas:
Les printemps reviendront te faire verte et belle;
L’homme vieillit et meurt, toi, tu ne vieillis pas!

Tu rendras aux ruisseaux, muets par la froidure,
Sous les arceaux feuillus leurs murmures chanteurs;
Aux oiseaux tu rendras leurs nids dans la verdure;
Aux lilas du vallon tu rendras ses senteurs.

Ah! des germes captifs quand tu fondras les chaînes,
Quand, de la sève à flots épanchant la liqueur,
Tu feras refleurir les roses et les chênes,
Ô Nature! avec eux fais refleurir mon cœur!

Rends à mon sein tari les poétiques sèves,
Verse en moi les chaleurs dont l’âme se nourrit,
Fais éclore à mon front les gerbes de mes rêves,
Couvre mes rameaux nus des fleurs de mon esprit.

Sans l’ivresse des chants, ma haute et chère ivresse,
Sans le bonheur d’aimer, que m’importent les jours!
Ô soleils! ô printemps! je ne veux la jeunesse
Que pour toujours chanter, que pour aimer toujours!

Le strofe in corsivo sono omesse nella composizione di Lili Boulanger.


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Il rondeau del calumet

Jean-Philippe Rameau (25 settembre 1683 - 1764): Rondeau des sauvages («Forêts paisibles»), dall’ultimo atto delle Indes galantes (1735). Patricia Petibon, soprano (Zima); Nicolas Rivenq, baritono (Adario); Les Arts Florissants, dir. William Christie.


Lo stesso brano eseguito alla bersagliera, in concerto, dai Musiciens du Louvre diretti da Marc Minkowski, con i cantanti Magali Léger e Laurent Naouri.

Zima, Adario :

Forêts paisibles, forêts paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs.
S’ils sont sensibles, s’ils sont sensibles,
Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.

Chœur des Sauvages :

Forêts paisibles, forêts paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs.
S’ils sont sensibles, s’ils sont sensibles,
Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.

Zima, Adario :

Dans nos retraites, dans nos retraites,
Grandeur, ne viens jamais
Offrir tes faux attraits!
Ciel, ciel, tu les as faites,
Pour l’innocence et pour la paix.

Chœur des Sauvages :

Forêts paisibles, forêts paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs.
S’ils sont sensibles, s’ils sont sensibles,
Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.

Zima, Adario :

Jouissons dans nos asiles,
Jouissons des biens tranquilles!
Ah! peut-on être heureux,
Quand on forme d’autres vœux?

Chœur des Sauvages :

Forêts paisibles, forêts paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs.
S’ils sont sensibles, s’ils sont sensibles,
Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.


Les Indes galantes, frontespizio

Equinozio – XII

Johannes Brahms (1833 - 1897): Im Herbst per coro a cappella op. 104 n. 5 (1888) su testo di Klaus Groth. The Monteverdi Choir, dir. John Eliot Gardiner.

Ernst ist der Herbst.
Und wenn die Blätter fallen,
sinkt auch das Herz zu trübem Weh herab.
Still ist die Flur,
und nach dem Süden wallen
die Sänger stumm, wie nach dem Grab.

Bleich ist der Tag,
und blasse Nebel schleiern
die Sonne wie die Herzen ein.
Früh kommt die Nacht:
denn alle Kräfte feiern,
und tief verschlossen ruht das Sein.

Sanft wird der Mensch.
Er sieht die Sonne sinken,
er ahnt des Lebens wie des Jahres Schluß.
Feucht wird das Aug’,
doch in der Träne Blinken
entströmt des Herzens seligster Erguß.

(Severo è l’autunno. E quando cadono le foglie anche il cuore sprofonda in un cupo dolore. Silenti sono i campi, gli uccellini volano muti verso sud come se si avvicinassero alla tomba.
Pallido è il giorno, e nebbie livide avvolgono così il sole come i cuori. Presto giunge la notte: ogni energia se ne va, la vita giace racchiusa nel profondo.
Docile si fa l’uomo. Quando vede calare il sole capisce che sta arrivando la fine dell’anno e della vita. L’occhio si gonfia di pianto, ma nel brillar delle lacrime il cuore si scioglie alla felicità.)


Dovunque vada

Tomás Luis de Victoria (1548 - 27 agosto 1611): O quam gloriosum est regnum, mottetto a 4 voci in festo omnium sanctorum (da Motecta… 4, 5, 6, 8 v., Venezia 1572). The Monteverdi Choir, dir. John Eliot Gardiner.

O quam gloriosum est regnum
in quo cum Christo gaudent omnes Sancti!
Amicti stolis albis,
sequuntur Agnum, quocumque ierit.


Victoria: Missa «O quam gloriosum» a 4 voci, basata sul mottetto di cui sopra (da Missarum libri duo, Roma 1583). Oxford Camerata, dir. Jeremy Summerly.


In ecclesiis

Giovanni Gabrieli (1557 - 12 agosto 1612): In ecclesiis, mottetto per doppio coro, strumenti e basso continuo (1608; pubblicato postumo in Symphoniae sacrae… liber secundus, 1615); testo dal Salmo XXVI (25), v. 12. Taverner Choir & Taverner Players, dir. Andrew Parrott.

In ecclesiis benedicite Domino. Alleluia.
In omni loco Dominationis benedic anima mea, Dominum. Alleluia.
In Deo salutari meo et Gloria mea.
Dominus auxilium meum et spes mea in Deo est. Alleluia.
Deus noster, te invocamus, te adoramus,
Libera nos, vivifica nos, Alleluia.
Deus, adiutor noster in aeternum. Alleluia.


In ecclesiis

…il soverchio dolor non fa morire

Pomponio Nenna (1556 - 25 luglio 1608): Occhi miei che vedeste, madrigale a 5 voci (1609); testo di Battista Guarini. Concerto Italiano, dir. Rinaldo Alessandrini.

Occhi miei che vedeste
Il bell’idolo vostro in preda altrui
Perché non vi chiudeste?
E tu, Anima mia,
Perché al gran duolo
Non t’en fuggisti a volo?
Ah, che posso ben dire
Che il soverchio dolor
Non fa morire.


Nenna - IV Libro