J’aime la rêverie

Jacques Offenbach (1819 - 5 ottobre 1880): J’aime la rêverie, mélodie; «paroles de Mme la Baronne Gay de V[aux]» (1839). Mariam Sarkissian, mezzosoprano; Daniel Propper, pianoforte.

J’aime la rêverie:
Les bois et la prairie,
Le gazon et les fleurs
Font oublier les pleurs.

J’aime à voir ton image
Se refléter dans l’eau
D’un ruisseau.
Je voudrais au village
Avec toi m’isoler
Et rester.

J’aime la rêverie…

J’aime ta chevelure,
Et je frémis parfois
Quand mes doigts
De ta blonde parure
Déroulent les anneaux
Doux et beaux.

J’aime la rêverie…

Près de toi les orages
D’un rigoureux destin
Ne sont rien;
Dans tes yeux sans nuages
Je trouve le bonheur
De mon cœur.

J’aime la rêverie…


Notte più bella dei bei giorni

Alfred Bachelet (26 febbraio 1864 - 10 febbraio 1944): Chère nuit, mélodie (1897) su testo di Eugène Adénis-Colombeau. Barbara Hendricks, soprano; Michel Dalberto, pianoforte.

Voici l’heure bientôt.
Derrière la colline
je vois le soleil qui décline
Et cache ses rayons jaloux…
J’entends chanter l’âme des choses
Et les narcisses et les roses
M’apportent des parfums plus doux!
Chére nuit aux clartés sereines
Toi que ramènes le tendre amant
Ah! descends et voile la terre
De ton mystère calme et charmant.
Mon bonheur renaît sous ton aile
O nuit plus belle que les beaux jours:
Ah! lève-toi pour faire encore
Briller l’aurore de mes amours.


Come pietra era il suo cuore

Nadia Boulanger (1887 - 1979): Au bord de la route, mélodie (1922) su testo di Camille Mauclair (pseudonimo di Séverin Faust). Melinda Paulsen, mezzosoprano; Angela Gassenhuber, pianoforte.

Cet homme ne voulait plus vivre.
Voyons, de quoi vous mêlez-vous?
Monsieur, madame, en vérité,
Cet homme en avait assez.

Son cœur était comme une pierre,
Mais si quelqu’un l’avait ouvert,
Peut-être dans ce cœur d’amant
Aurait-il vu le diamante.

Mais la pierre était si pesante
Qu’il s’est couché sur le chemin
En serrant sur elle ses mains
Et il est mort de son attente.

Cet homme en avait assez.
Avec lui le joyau mourra.
Monsieur, madame, il se fait tard:
Un signe de croix et passez.


Berceuse d’Armorique

Poldowski, pseudonimo di Régine Wieniawski (1879 - 28 gennaio 1932): Berceuse d’Armorique (1914) su testo di Anatole Le Braz. Angelique Zuluaga, soprano; Gwendolyn Mok, pianoforte.

Dors, petit enfant , dans ton lit bien clos:
Dieu prenne en pitié les bons matelots!

  Chante ta chanson, chante, bonne vieille!
  La lune se lève et la mer s’éveille.

Au Pays du Froid, la houle des fjords
Chante sa berceuse en berçant les morts.

Dors, petit enfant, dans ton lit bien doux,
Car tu t’en iras comme ils s’en vont tous.

Tes yeux ont dèjà la couleur des flots.
Dieu prenne en pitié les bons matelots!


Chiari di Luna – II

Gabriel Fauré (1845 - 1924): Clair de Lune (Menuet ), mélodie per soprano e orchestra op. 46 n. 2 (1887) sul medesimo testo di Paul Verlaine (da Fêtes galantes, 1869) che ispirò a Debussy il III movimento della Suite bergamasque. Natalie Dessay, soprano; Radion sinfoniaorkesteri, dir. Hannu Lintu.


Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d’extase les jets d’eau,
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.

(Paul Verlaine)


Fauré, op. 46 n. 2

La Chanson de Fortunio

Jacques Offenbach (20 giugno 1819 - 1880): Chanson de Fortunio per canto e pianoforte (1850) su testo di Alfred de Musset. Paul Trépanier, tenore; pianista non identificato.

Si vous croyez que je vais dire
  Qui j’ose aimer,
Je ne saurais, pour un empire,
  Vous la nommer.

Nous allons chanter à la ronde,
  Si vous voulez,
Que je l’adore et qu’elle est blonde
  Comme les blés.

Je fais ce que sa fantaisie
  Veut m’ordonner,
Et je puis, s’il lui faut ma vie,
  La lui donner.

Du mal qu’une amour ignorée
  Nous fait souffrir,
J’en porte l’âme déchirée
  Jusqu’à mourir.

Mais j’aime trop pour que je die
  Qui j’ose aimer,
Et je veux mourir pour ma mie
  Sans la nommer.

Nel 1850 la Comédie-Française riallestì Le Chandelier di Musset: questi chiese a Offenbach di musicare la canzone che Fortunio canta a Jacqueline nella 3a scena del II atto. Jacques accettò l’incarico con entusiasmo e nel giro di poche ore ultimò la composizione. Si precipitò poi in teatro, diede il foglio su cui aveva scritto la musica all’attore che doveva interpretare il ruolo di Fortunio, Louis-Arsène Delaunay, e si sedette al pianoforte. Cominciò a suonare, Delaunay a cantare. Ahimé, Offenbach aveva composto il brano pensando a un tenore, ché di norma nel teatro lirico sono i tenori a sostenere le parti dei giovani innamorati, ma Delaunay aveva una profonda voce di basso!
Non se ne fece nulla. Offenbach conservò lo spartito per una futura occasione (dieci anni più tardi vi costruì attorno un breve opéra-comique in un atto su libretto dei fidati amici Ludovic Halévy e Hector Crémieux). Musset, ormai segnato dalla malattia e dall’abuso di assenzio, si persuase che Offenbach fosse «un uccello di sventura» e non volle mai più incontrarlo.


Chanson de Fortunio

Haї-luli!

Pauline Viardot-García (1821 – 1910): Haï-luli!, mélodie (1880) su testo di Xavier de Maistre. Cecilia Bartoli, mezzosoprano; Myung-Whun Chung, pianoforte.

Je suis triste, je m’inquiète,
Je ne sais plus que devenir.
Mon bon ami devait venir
Et je l’attends ici seulette.
    Haï-luli! haï-luli!
Où donc peut être mon ami?

Je m’assieds pour filer ma laine,
Le fil se casse dans ma main…
Allons! je filerai demain,
Aujourd’hui je suis trop en peine.
    Haï-luli! haï-luli!
Qu’il fait triste sans son ami.

Si jamais il devient volage,
S’il doit un jour m’abandonner,
Le village n’a qu’à brûler
Et moi-même avec le village!
    Haï-luli! haï-luli!
À quoi bon vivre sans ami?