Ce jour de l’an

Guillaume Dufay (c1397 - 1474): Ce jour de l’an, rondeau a 3 voci. Gothic Voices, dir. Christopher Page.

Ce jour de l’an voudray joye mener.
Chanter, danser, et mener chiere lie,
Pour maintenir la coutume jolye
Que tous amants sont tenus de garder.

Et pour certain tant me voudray poier
Que je puisse choisir nouvelle amie.
  Ce jour de l’an voudray joye mener…

A laquelle je puisse presenter
Cuer, corps et biens, sans faire despartie.
He, dieus d’amours, soyes de ma partie,
Que fortune sine me puist grever.
  Ce jour de l’an voudray joye mener…


Dy moy se tu m’aymeras

Josquin des Prez (c1450 - 27 agosto 1521): Bergerette savoyenne, chanson a 4 voci (pubblicata in Harmonice Musices Odhecaton, 1501, n. A10). The Clerks’ Group, dir. Edward Wickham.

Bergerette savoyenne,
Qui gardez moutons aux praz,
Dy moy si vieulx estre myenne:
Je te donray uns soulas,
Et ung petit chapperon;
Dy moy se tu m’aymeras,
Ou par la merande ou non.

Je suis la proche voisine
De monsieur le cura,
Et pour chose qu on me die,
Mon vouloir ne changera,
Pour François ne Bourgoignon.
Par le cor Dé, si fera,
Ou par la merande ou non.


Viva il re!

Josquin des Prez (c1450 - 1521): Vive le roy! a 4 voci (pubblicato in Harmonice Musices Odhecaton, 1504). Interpreti vari:

  • Hespèrion XX, dir. Jordi Savall
  • Purcell Consort of Voices, dir. Grayston Burgess
  • les haulz et les bas
  • Obsidienne, dir. Emmanuel Bonnardot
  • Cambridge Symphonic Brass Ensemble
  • The Royal Danish Brass Ensemble

Ecco un altro soggetto cavato josquiniano:
VIVE lE rOI = Vt–mIVt–rE–rE –sOl–mI
(melodia affidata al tenor).


Il ricordo di te

Clément Janequin (c1485 - 1558): Quand contremont verras retourner Loyre, chanson a 4 voci (pubblicata nell’antologia Livre 6: XXV chansons nouvelles, 1550, n. 1). Ensemble «Clément Janequin».

Quand contremont verras retourner Loyre,
Et ses poissons en l’air prendre pasture,
Les corbeaux blancs laissant noire vesture,
Alors de toy n’aurai plus de mémoire.


Un dolce tormento

Clément Janequin (c1485 - 1558): Il estoit une fillette, chanson a 4 voci (pubblicata nell’antologia Le Parangon des chansons, Livre 9, 1541, n. 14). Ensemble «Clément Janequin».

Il estoit une fillette
qui voulait scavoir le jeu d’amour.
Un jour qu’elle estoit seulette,
je luy en appris deux ou trois tours.
Après avoir senty le goust
elle me dit en soubzriant:
«Le premier coup me semble lour
mais la fin me semble friant».
Je luy dit «Vous me tentez»,
elle me dit «Recommencez!»
Je l’empoigne, je l’embrasse, je la fringue fort.
Elle crie «Ne cessez!»
Je lui dis «Vous me gastez,
Laissez moy, petite garce, vous avez grant tort».
Mais quand ce vint à sentir le doulx point
vous l’eussiez veu mouvoir si doulcement
que son las cueur luy tremble fort et poingt,
mais dieu merci c’estoit un doulx tourment.


La chanson del ‘500 ha una certa importanza anche per quanto riguarda la musica… strumentale. La quale per tutto il corso del Medioevo non aveva avuto una propria autonomia: gli strumenti erano sempre utilizzati di supporto al canto, raddoppiando le voci (questo avviene quando una voce e uno strumento eseguono la stessa melodia) oppure sostituendone qualcuna in caso di necessità. Poi, in epoca rinascimentale, alcuni strumentisti particolarmente abili (oggi diciamo virtuosi), segnatamente liutisti e clavicembalisti/organisti, cominciarono a trascrivere per il proprio strumento le chanson francesi più in voga: la prassi si diffuse un po’ dovunque – in Italia grazie a maestri come Francesco da Milano, liutista, e Andrea Gabrieli – dando inizio alla storia della musica strumentale vera e propria.
Alcune chanson trascritte per ensemble strumentale si trovano poi nel famoso Terzo Libriccino di musica (Danserye) pubblicato a Anversa nel 1551 da Tielman Susato, contenente un’ampia antologia di musiche per la danza; fra queste v’è appunto Il estoit une fillette di Janequin:

Tielman Susato (c1510/15 - c1570), da Janequin: Den VII Ronde: Il estoit une fillette eseguita da un quartetto di cromorni. Membri della Camerata Hungarica, dir. László Czidra.
Il cromorno, in italiano detto anche cornomuto torto, è uno strumento a ancia doppia incapsulata: appartiene dunque alla famiglia degli oboi.

La mugnaia di Vernon

Clément Janequin (c1485 - 1558): La meunière de Vernon, chanson a 4 voci (1551). Ensemble «Clément Janequin».

La meunière de Vernon,
tire tire tire ton,
don don don,
Elle est mignonne et gorrière,
Et si elle est, ce dit-on,
tire tire tire ton,
don don don,
De bien aimer coutumière.

Un jour tout à l’environ
d’une saussaie et rivière,
Un beau jeune compagnon
D’amour lui fit la prière.

Lors la baisant le mignon
Se prit à lui faire chère
Puis s’assit en son giron
De bonne grâce et manière.


Non oso dirlo

Pierre Certon (c1510/20 - 1572): Je ne l’ose dire, chanson a 4 voci (pubblicata nel Tiers Livre contenant xxviii Chansons nouvelles…, Attaingnant, Parigi, 1540). Sono tante le interpretazioni disponibili in rete, ve ne propongo una piccola antologia:

  • Ensemble D.E.U.M.
  • Ring Around Quartet
  • Cantoria Sine Nomine
  • The King’s Singers
  • Stockholm Chamber Brass
  • Ensemble «Clément Janequin»

La, la, la, je ne l’o…
Je ne l’o… je ne l’ose dire.
La, la, la, je le vous diray,
Et la, la, la, je le vous diray.

 Il est un homme en no ville
 Qui de sa femme est jaloux.
 Il n’est pas jaloux sans cause,
 Mais il est cocu de tout.

Et la, la, la…

 Il n’est pas jaloux sans cause,
 Mais il est cocu de tout.
 Il apreste et si la maine
 Au marché s’en va à tout.

Et la, la, la…

 Enfin, las de ce supplice,
 Le pauvre homme se pendit,
 Mais sa femme par malice
 Chez Lucifer le suivit.

Et la, la, la…

 La morale de cette histoire
 C’est qu’avant de se marier
 Il faut savoir le jour même
 Que c’est pour l’éternité.

Et la, la, la…

Le ultime due strofe non sono presenti nell’edizione originale.