Una canzone-strenna

Nicolas Grenon (c1375 - 17 ottobre 1456): La plus belle et doulce figure, virelai (chanson) a 3 voci, tramandato dal Codex Reina (nouv. acq. fr. 6771 della Bibliothèque Nationale de France). Ensemble Amadis, dir. Catherine Joussellin.

La plus belle et doulce figure,
la plus noble, gente faiture,
c’est ma chiere dame et mestresse.
Bon an, bon jour, joye et liesse
li doinst dieux, et bone aventure.

C’est tout mon bien, c’est ma déesse,
celle par qui ma dolour cesse,
en qui je preing ma noreture,

qui servir vueil sans nul destresse
de cuer, tant que vogue me lesse,
n’en ce monde d’autre n’ay cure.

Former la sut dieus de nature:
blans, blond, tout par mesure;
playsanment y jouta jesnesse,
largesse, honour, toute noblesse
en fais, en dis et en parleure.

(Il più bello e dolce volto, l’aspetto più nobile e gentile è quello della mia cara signora e padrona. Un buon anno, una buona giornata, gioia e letizia le conceda il Signore, e buona sorte.
È tutto il mio bene, è la mia dea colei grazie alla quale ha fine ogni mia pena e dalla quale prendo sostentamento,
colei che desidero servire senza per questo provar disagio, di cuore, finché me lo concederà, perché non mi interessa altro in questo mondo.
Dio l’ha saputa formare secondo natura: di pelle chiara, bionda, ogni cosa nella giusta misura; piacevolmente vi ha aggiunto giovinezza, generosità, onore e ogni nobiltà nell’agire, nel parlare e nel pensare.)


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Prima di sposarvi, pensateci bene

Anonimo (sec. XV): Filles à marier, chanson a 4 voci. Interpreti non identificati.



Gilles Binchois (c1400 - 1460): Filles à marier, chanson a 4 voci. Ensemble «Gilles Binchois», dir. Dominique Vellard, e Comet Musicke.
Una delle più interessanti chansons d’autore del Quattrocento: composta sopra il testo della chanson di cui sopra, consistente in un severo ammonimento.

Tenor :

Se tu te marieras,
tu t’en repentiras.
Et quant? Et quant?
Avant qu’il soit ung an.

Cantus &c:

Filles à marier,
ne vous mariez ja
se bien vous ne sçavés
quel mary vous prendra:
car, se jalousie a,
jamais ne vous ne luy
au cuer joye n’ara.
Et pour ce pensés y.

Il Divino

Francesco Canova, detto Francesco da Milano, Francesco del Liuto e il Divino 18 agosto 1497 - 1543): composizioni per liuto. Caius Hera.
Le composizioni di Francesco da Milano che ci sono pervenute sono state pubblicate in edizione critica dal musicologo statunitense Arthur J. Ness nel 1970; oggi, per distinguerle si usa far riferimento alla numerazione assegnata loro dal prof. Ness.

  1. Fantasia (Ness 67)
  2. Fantasia (Ness 41) [1:35]
  3. Fantasia (Ness 31) [2:10]
  4. Ricercar (Ness 52) [2:50]
  5. Ricercar (Ness 4) [4:24]
  6. Fantasia (Ness 81) [5:08]
  7. Ricercar (Ness 84) [5:52]
  8. Ricercar (Ness 16) [6:38]
  9. Fantasia (Ness 40) [7:36]
  10. Ricercar (Ness 10) [8:30]
  11. De mon triste desplaisir (trascrizione dell’omonima chanson di Jean Richafort) [10:03]
  12. Fantasia de mon triste (sulla medesima chanson) [11:46]
  13. Fantasia (Ness 15) [13:52]
  14. Ricercar (Ness 46) [15:29]
  15. Fantasia (Ness 61) [16:06]
  16. Fantasia (Ness 58) [17:01]
  17. Fantasia (Ness 11) [18:46]
  18. Fantasia (Ness 57) [20:19]
  19. Ricercar (Ness 3) [21:46]
  20. Ricercar (Ness 2) [23:21]
  21. Ricercar (Ness 8) [24:58]

FdM

Ricordo di Joseph Kosma a 50 anni dalla morte – II


Joseph Kosma (1905 - 7 agosto 1969): Les Feuilles mortes, chanson su testo di Jacques Prévert. Nelle due clip è interpretata rispettivamente dal mezzosoprano Patricia Hammond accompagnata al pianoforte da Zoë Mather, e da Yves Montand con anonimi strumentisti.
All’origine di questa chanson vi sono un tema strumentale tratto dalla partitura che Kosma aveva scritto per il balletto di Roland Petit Le Rendez-vous (1945) e un motivo desunto da uno dei brani che costituiscono il ciclo di mélodies Poème d’octobre, composto da Massenet nel 1876 su testi di Paul Collin.
Prévert, autore della sceneggiatura per Le Rendez-vous, e Kosma rifacendosi al ciclo di Collin e Massenet scrissero la chanson per Marcel Carné, che aveva espresso l’intenzione di ricavare dal balletto di Petit un lungometraggio, poi intitolato Les Portes de la nuit (Mentre Parigi dorme, 1946) e interpretato da Montand, al suo esordio cinematografico, con Nathalie Nattier, Serge Reggiani e Pierre Brasseur. Il film non incontrò il favore del pubblico, ma la chanson ebbe un grande successo internazionale.

Oh! Je voudrais tant que tu te souviennes
des jours heureux où nous étions amis:
En ce temps-là la vie était plus belle
et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
– Tu vois: je n’ai pas oublié –
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
les souvenirs et les regrets aussi,
et le vent du Nord les emporte
dans la nuit froide de l’oubli.
Tu vois: je n’ai pas oublié
la chanson que tu me chantais.

C’est une chanson
qui nous ressemble:
Toi, tu m’aimais
et je t’aimais.
Et nous vivions
tous deux ensemble:
toi, qui m’aimais
moi, qui t’aimais.
Mais la vie sépare
ceux qui s’aiment
tout doucement,
sans faire de bruit,
et la mer efface sur le sable
les pas des amants désunis.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
les souvenirs et les regrets aussi.
Mais mon amour silencieux et fidèle
sourit toujours et remercie la vie.
Je t’aimais tant, tu étais si jolie.
Comment veux-tu que je t’oublie?
En ce temps-là la vie était plus belle
et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui.
Tu étais ma plus douce amie.
Mais je n’ai que faire des regrets.
Et la chanson que tu chantais
toujours je l’entendrai.

Di questo brano esistono innumerevoli versioni, fra cui una intitolata Autumn Leaves con testo inglese di Johnny Mercer: sciacquetta sentimentale tremendamente melensa, ben misera cosa rispetto ai versi struggenti di Prévert. Per quanto mi riguarda, trovo insopportabili anche tutti i rifacimenti in stile jazz, samba, flamenco e chi più ne ha più ne metta. Poi, à chacun son goût.


Dueil angoisseux, rage desmesurée

Gilles Binchois (c1400 - 1460): Dueil angoisseux, chanson a 4 voci su testo di Christine de Pizan (Cristina da Pizzano, 1365 - c1430). Ensemble Asteria: Sylvia Rhyne, soprano; Eric Redlinger, liuto.
Versi composti dalla poetessa a seguito della morte del marito Étienne de Castel, notaio e segretario del re di Francia, vittima di una epidemia nel 1390.

Dueil angoisseux, rage desmesurée,
Grief desespoir, plein de forsennement,
Langour sansz fin et vie maleürée
Pleine de plour, d’angoisse et de tourment,
Cuer doloreux qui vit obscurement,
Tenebreux corps sur le point de partir
Ay, sanz cesser, continuellement;
Et si ne puis ne garir ne morir.

Fierté, durté de joye separée,
Triste penser, parfont gemissement,
Angoisse grant en las cuer enserrée,
Courroux amer porté couvertement
Morne maintien sanz resjoïssement,
Espoir dolent qui tous biens fait tarir,
Si sont en moy, sanz partir nullement;
Et si ne puis ne garir ne morir.

Soussi, anuy qui tous jours a durée,
Aspre veillier, tressaillir en dorment,
Labour en vain, à chiere alangourée
En grief travail infortunéement,
Et tout le mal, qu’on puet entierement
Dire et penser sanz espoir de garir,
Me tourmentent desmesuréement;
Et si ne puis ne garir ne morir.

Princes, priez à Dieu qui bien briefment
Me doint la mort, s’autrement secourir
Ne veult le mal ou languis durement;
Et si ne puis ne garir ne morir.

Ho visto il lupo

Anonimo: J’ai vu le loup, le renard, le lièvre, chanson tradizionale francese (versione borgognona). Le Poème Harmonique, dir. Vincent Dumestre.
Le origini di questa chanson, una parodia del Dies irae, risalgono probabilmente al Quattrocento.

C’est dans neuf ans je m’en irai,
J’ai vu le loup, le renard cheuler.
C’est dans neuf ans je m’en irai,
J’ai vu le loup, le renard cheuler.

J’ai vu le loup, le renard, le lièvre,
J’ai vu le loup, le renard cheuler,
C’est moi-même qui les ai rebeuillés,
J’ai vu le loup, le renard, le lièvre,
C’est moi-même qui les ai rebeuillés,
J’ai vu le loup, le renard cheuler.

C’est dans huit ans je m’en irai,
J’ai vu le loup, le renard cheuler.
C’est dans huit ans je m’en irai,
J’ai vu le loup, le renard cheuler.

J’ai vu le loup, le renard, le lièvre,
J’ai vu le loup, le renard cheuler,
C’est moi-même qui les ai rebeuillés,
J’ai vu le loup, le renard, le lièvre,
C’est moi-même qui les ai rebeuillés,
J’ai vu le loup, le renard cheuler.

C’est dans sept ans je m’en irai,
J’ai vu le loup, le renard cheuler,
C’est dans sept ans je m’en irai,
J’ai vu le loup, le renard cheuler,
J’ai vu le loup, le renard, le lièvre,
J’ai vu le loup, le renard cheuler,
C’est moi-même qui les ai rebeuillés,
J’ai vu le loup, le renard, le lièvre,
C’est moi-même qui les ai rebeuillés,
J’ai vu le loup, le renard cheuler.

C’est dans six ans je m’en irai,
J’ai ouï le loup, le renard chanter.
C’est dans six ans je m’en irai,
J’ai ouï le loup, le renard chanter.

J’ai ouï le loup, le renard, le lièvre,
J’ai ouï le loup, le renard chanter,
C’est moi-même qui les ai rechignés,
J’ai ouï le loup, le renard, le lièvre,
C’est moi-même qui les ai rechignés,
J’ai ouï le loup, le renard chanter.

C’est dans cinq ans je m’en irai,
J’ai ouï le loup, le renard chanter.
C’est dans cinq ans je m’en irai,
J’ai ouï le loup, le renard chanter.

J’ai ouï le loup, le renard, le lièvre,
J’ai ouï le loup, le renard chanter,
C’est moi-même qui les ai rechignés,
J’ai ouï le loup, le renard, le lièvre,
C’est moi-même qui les ai rechignés,
J’ai ouï le loup, le renard chanter.

C’est dans quatre ans je m’en irai,
J’ai ouï le loup, le renard chanter.
C’est dans quatre ans je m’en irai,
J’ai ouï le loup, le renard chanter.

J’ai ouï le loup, le renard, le lièvre,
J’ai ouï le loup, le renard chanter,
C’est moi-même qui les ai rechignés,
J’ai ouï le loup, le renard, le lièvre,
C’est moi-même qui les ai rechignés,
J’ai ouï le loup, le renard chanter.

C’est dans trois ans je m’en irai,
J’ai vu le loup, le renard danser.
C’est dans trois ans je m’en irai,
J’ai vu le loup, le renard danser.

J’ai vu le loup, le renard, le lièvre,
J’ai vu le loup, le renard danser,
C’est moi-même qui les ai revirés,
J’ai vu le loup, le renard, le lièvre,
C’est moi-même qui les ai revirés,
J’ai vu le loup, le renard danser.

C’est dans deux ans je m’en irai,
J’ai vu le loup, le renard danser.
C’est dans deux ans je m’en irai,
J’ai vu le loup, le renard danser.

J’ai vu le loup, le renard, le lièvre,
J’ai vu le loup, le renard danser,
C’est moi-même qui les ai revirés,
J’ai vu le loup, le renard, le lièvre,
C’est moi-même qui les ai revirés,
J’ai vu le loup, le renard danser.

C’est dans un an je m’en irai,
J’ai vu le loup, le renard danser.
C’est dans un an je m’en irai,
J’ai vu le loup, le renard danser.

J’ai vu le loup, le renard, le lièvre,
J’ai vu le loup, le renard danser,
C’est moi-même qui les ai revirés,
J’ai vu le loup, le renard, le lièvre,
C’est moi-même qui les ai revirés,
J’ai vu le loup, le renard danser.


L’altra notte, mentre salivamo il sentiero che passa vicino a casa per l’ultima passeggiata prima di andare a nanna, Puck e io abbiamo visto il lupo. È un grosso lupo nero che vive da solo nei boschi qui intorno; l’avevamo già incontrato in altre occasioni negli anni scorsi, ma mai così da vicino. Poco prima della sua comparsa Puck si è irrigidito fiutando l’aria e guardando un punto dove il sentiero passa fra vecchie case disabitate: da lì pochi istanti dopo è arrivato di gran carriera il lupo. Puck è stato molto coraggioso: prima che io potessi fare un gesto qualsiasi l’aveva già messo in fuga. Per fortuna, nessuno si è fatto male.


2019.15

Una malmaritata

Anonimo (sec. XVIII): N’èran tres fraires, canzone tradizionale diffusa nella Francia meridionale e in Piemonte; questa è la versione guascone, interpretata dall’ensemble Le Poème Harmonique diretto da Vincent Dumestre.

N’èran tres fraires
N’an qu’ua sòr a maridar.
L’an maridada
Au mei maishant deu vesiat.
L’a tant batuda
Dab un baston de verd pomèr.

L’a tant batuda
Dab un baston de verd pomèr,
Que l’a sacrada
De la tèsta dinc a son pè.
Sa camiseta
A l’aigueta se’n va lavar.

Mentre que lava,
Tres chivalièrs van arribar.
Hòu, la sirventa!
On ei la dauna deu castèth?
Soi pas sirventa,
Mès soi la dauna deu castèth.

Soi pas sirventa,
Mès soi la dauna deu castèth
Ditz, ma soreta,
Qui t’a mes dins aqueth estat.
Aquò’s, mon fraire,
Lo marit que m’avetz balhat.

Aquò’s, mon fraire,
Lo marit que m’avetz balhat.
E donc lo fraire
De cramba en cramba l’a cercat.
D’un còp d’espasa,
la tèsta au maishant a copat.

Erano tre fratelli,
Avevano un’unica sorella da dare in sposa.
L’hanno data in sposa
Al più cattivo del circondario.
Molto l’ha picchiata
Con un ramo di melo verde.

Tanto l’ha picchiata
Con un ramo di melo verde
Che l’ha martoriata
Dalla testa fino ai piedi.
La sua camicetta
Al rio va a lavare.

Mentre lava
Arrivano tre cavalieri.
Ehilà, serva!
Dov’è la signora del castello?
Non sono una serva,
Sono io la signora del castello.

Non sono una serva,
Sono io la signora del castello.
Dimmi, sorellina,
Chi ti ha ridotta in queste condizioni?
È stato, mio caro fratello,
Il marito che mi avete dato.

È stato, mio caro fratello,
Il marito che mi avete dato.
Allora il fratello
Di stanza in stanza l’ha cercato.
D’un colpo di spada
La testa al cattivo ha tagliato.