Come difendersi dalle leggi e dalle miserie d’Amore

Antoine Boësset (1586 o 1587 - 1643): Nos esprits libres et contents, dal Ballet de la Reyne (1606, pubbl. 1609). Le Poème harmonique, dir. Vincent Dumestre.

Nos esprits libres et contents
Vivent en ces doux passe-temps.
Et par de si chastes plaisirs,
Bannissent tous autres désirs.

La danse, la chasse et les bois,
Nous rendent exempts des lois
Et des misères dont l’Amour
Afflige les cœurs de la Cour.

[Et c’est plutôt avec cet art
Qu’avec la pointe de ce dard
Que cette troupe se défend
Des traits de ce cruel Enfant.]

Car en changeant toujours de lieu
Nous empêchons si bien ce Dieu,
Qu’il ne peut s’assurer des coups
Qu’il pense tirer contre nous.

Ainsi nous défendant de lui
Et passant nos jours sans ennui,
Nous essayons de lui ravir
La gloire de nous asservir.

Il est bien vrai qu’en nous sauvant,
Il nous va toujours poursuivant,
Et nous poursuit en tant de lieux,
Qu’en fin il entre dans nos yeux.

[Mais encore qu’on puisse penser
Qu’alors il nous doive offenser,
Pourtant nous n’avons point de peur
Qu’il nous puisse enflammer le cœur.

Car la neige de notre sein
Empêche si bien son dessein,
Qu’alors qu’il nous pense enflammer
Son feu ne se peut allumer.]

Nos esprits libres et contents
Vivent en ces doux passe-temps.
Et par de si chastes plaisirs,
Bannissent tous autres désirs.


Io sono la follia

La voce della compianta Montserrat Figueras per commentare musicalmente il dipinto di Pieter Bruegel il Vecchio intitolato Dulle Griet (Greta la pazza), oggetto di un interessante articolo di Enrico Garrou.
La storia di questo brano è complessa: si tratta di una passacaglia, di origine indubbiamente spagnola, sulla quale il musicista francese Henri Le Bailly (†1637) elaborò un «air de ballet» per voce e liuto che fu inserito nel Ballet de la folie rappresentato nel 1614 alla corte di Luigi XIII; la composizione di Le Bailly ci è pervenuta tramite un’intavolatura di Gabriel Bataille (†1630) pubblicata a Parigi sempre nel 1614.

Yo soy la locura,
la que sola infundo
placer, placer y dulzura,
y contento el mundo.

Dicen a mi nombre
duro mucho o poco
pero no hay hombre
que piense ser loco.


Pieter Bruegel il Vecchio: Dulle Griet