Sinfonia orientale

Benjamin Godard (18 agosto 1849 - 1895): Symphonie orientale op. 84 (1884). Royal Scottish National Orchestra, dir. Martin Yates.
I singoli movimenti della Sinfonia sono ispirati da altrettanti componimenti poetici di autori diversi, fra i quali lo stesso Godard; le poesie sono riportate sulla partitura nella forma qui sotto indicata.


I. Les Éléphants (Leconte de Lisle): Andante con moto

Le sable rouge est comme une mer sans limite,
Et qui flambe, muette, affaissée en son lit.
Une ondulation immobile remplit
L’horizon aux vapeurs de cuivre où l’homme habite.
[…]
Tel l’espace enflammé brûle sous les cieux clairs;
Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes,
Les éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes,
Vont au pays natal à travers les déserts.

D’un point de l’horizon, comme des masses brunes,
Ils viennent, soulevant la poussière et l’on voit,
Pour ne point dévier du chemin le plus droit,
Sous leur pied large et sûr crouler au loin les dunes.
[…]
L’oreille en éventail, la trompe entre les dents,
Ils cheminent, l’œil clos. Leur ventre bat et fume,
Et leur sueur dans l’air embrasé monte en brume,
Et bourdonnent autour mille insectes ardents.

Mais qu’importent la soif et la mouche vorace,
Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé?
Ils révent en marchant du pays délaissé,
Des forêts de figuiers où s’abrita leur race.

Ils reverront le fleuve échappé des grands monts,
Où nage en mugissant l’hippopotame énorme;
Où, blanchis par la lune, et projetant leur forme,
Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs.

Aussi, pleins de courage et de lenteur ils passent
Comme une ligne noire, au sable illimité;
Et le désert reprend son immobilité
Quand les lourds voyageurs à l’horizon s’effacent.


II. Chinoiserie (Auguste de Châtillon): Allegro moderato [5:27]

On entendait, au lointain,
Tinter un son argentin
De triangles, de sonnettes,
De tambourins, de clochettes;
C’étaient des gens de Nankin,
Des Mandarins en goguette,
Qui revenaient d’une fête,
D’une fête de Pékin.


III. Sara la Baigneuse (Victor Hugo): Andantino con moto [9:15]

Sara, belle d’indolence,
Se balance
Dans un hamac, au-dessus
Du bassin d’une fontaine
Toute pleine
D’eau puisée à l’Ilyssus;

Et la frêle escarpolette
Se reflète
Dans le transparent miroir,
Avec la baigneuse blanche
Qui se penche,
Qui se penche pour se voir.
[…]
Mais Sara la nonchalante
Est bien lente
A finir ses doux ébats;
Toujours elle se balance
En silence,
Et va murmurant tout bas:

“Oh ! si j’étais capitane,
“Ou sultane,
“Je prendrais des bains ambrés,
“Dans un bain de marbre jaune,
“Prés d’un trône,
“Entre deux griffons dorés !

“J’aurais le hamac de soie
“Qui se ploie
“Sous le corps prêt à pâmer;
“J’aurais la molle ottomane
“Dont émane
“Un parfum qui fait aimer.”
[…]
Ainsi se parle en princesse,
Et sans cesse
Se balance avec amour,
La jeune fille rieuse,
Oublieuse
Des promptes ailes du jour.
[…]


IV. Le rêve de la Nikia (Benjamin Godard): Quasi adagio [15:30]

Elle est jeune, elle est belle; et pourtant la tristesse
Assombrit ses grands yeux.
Aucun penser d’amour ne charme sa jeunesse.
Son cœur ambitieux
Rêve d’une contrée, inconue et lointaine,
Où d’un peuple puissant
Et respecté de tous, elle deviendrait reine.
Là-bas, à l’Occident,
Sont de grandes cités aux splendeurs sans pareilles;
Là, la Science et l’Art,
Au souffle du Génie, enfantent des merveilles!…
Son beau rêve, au hasard,
Vers ces mondes nouveaux, l’emporte sur son aile.
Son cœur ambitieux
N’a nul penser d’amour. Elle est jeune, elle est belle,
Et pourtant la tristesse assombrit ses grands yeux.


V. Marche turque (Godard): Tempo di marcia [21:47]

Là – Allah – Ellalah!
Que les chrétiens maudits périssent sous la hache
Et que Mahomet règne! Il n’est point de cœur lâche
Parmi les fiers soldats du Prophète sacré.
Que dans tout l’Univers Allah soit adoré!


Godard, op. 84
Benjamin Godard

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Chiari di Luna – V

Clara Schumann (1819 - 1896): Der Mond kommt still gegangen, Lied per voce e pianoforte op. 13 n. 4 (1844) su testo di Emanuel Geibel (1815 - 1884). Barbara Bonney, soprano; Vladimir Aškenazi, pianoforte.

Der Mond kommt still gegangen
Mit seinem gold’nen Schein.
Da schläft in holdem Prangen
Die müde Erde ein.

Und auf den Lüften schwanken
Aus manchem treuen Sinn
Viel tausend Liebesgedanken
Über die Schläfer hin.

Und drunten im Tale, da funkeln
Die Fenster von Liebchens Haus;
Ich aber blicke im Dunklen
Still in die Welt hinaus.


Clara Schumann, op. 13 n. 4

Ebbro di Luna

Arnold Schoenberg (1854 - 1951): Mondestrunken, Lied (n. 1) da Pierrot lunaire per voce femminile e ensemble da camera (1912) su liriche di Albert Giraud (1860 - 1929) tradotte in tedesco da Otto Erich Hartleben (1864 - 1905). Christine Schäfer, voce; Ensemble Intercontemporain, dir. Pierre Boulez.

Den Wein, den man mit Augen trinkt,
Giesst Nachts der Mond in Wogen nieder,
Und eine Springflut überschwemmt
Den stillen Horizont.

Gelüste, schauerlich und süss,
Durchschwimmen ohne Zahl die Fluten!
Den Wein, den man mit Augen trinkt,
Giesst Nachts der Mond in Wogen nieder.

Der Dichter, den die Andacht treibt,
Berauscht sich an dem heiigen Tranke,
Gen Himmel wendet er verzückt
Das Haupt und taumelnd saugt und schlürft er
Den Wein den man mit Augen trinkt.


Pierrot lunaire

Chiari di Luna – IV

Claude Debussy (1862 - 1918): Clair de Lune, III movimento della Suite bergamasque per pianoforte (1890-1905). Il brano, ispirato da una poesia di Paul Verlaine, è qui eseguito dall’autore (incisione su rullo per pianoforte automatico, risalente al 1913).


Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d’extase les jets d’eau,
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.

(Paul Verlaine)


Debussy, Clair de Lune

Chiari di Luna – III

Johannes Brahms (1833 - 1897): Mondenschein, Lied per voce e pianoforte op. 85 n. 2 (1882) su testo di Heinrich Heine. Dame Margaret Price, soprano; Graham Johnson, pianoforte.

Nacht liegt auf den fremden Wegen,
Krankes Herz und müde Glieder; –
Ach, da fliesst, wie stiller Segen,
Süsser Mond, dein Licht hernieder.

Süsser Mond, mit deinen Strahlen
Schleuchest du das nacht’ge Grauen;
Es zerrinnen meine Qualen,
Und die Augen übertauen.


Brahms, op. 85 n. 2

Chiari di Luna – II

Gabriel Fauré (1845 - 1924): Clair de Lune (Menuet ), mélodie per soprano e orchestra op. 46 n. 2 (1887) sul medesimo testo di Paul Verlaine (da Fêtes galantes, 1869) che ispirò a Debussy il III movimento della Suite bergamasque. Natalie Dessay, soprano; Radion sinfoniaorkesteri, dir. Hannu Lintu.


Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d’extase les jets d’eau,
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.

(Paul Verlaine)


Fauré, op. 46 n. 2

Alla Luna: Schubert & Hölty – II

Franz Schubert (1797 - 1828): An den Mond, Lied per voce e pianoforte D 468 (1816) su testo di Ludwig Christoph Heinrich Hölty. Dietrich Fischer-Dieskau, baritono; Gerald Moore, pianoforte.

Was schauest du so hell und klar
Durch diese Apfelbäume,
Wo einst dein Freund so selig war,
Und träumte süße Träume?
Verhülle deinen Silberglanz,
Und schimmre, wie du schimmerst,
Wenn du den frühen Todtenkranz
Der jungen Braut beflimmerst!

Du blickst umsonst so hell und klar
In diese Laube nieder;
Nie findest du das frohe Paar
In ihrem Schatten wieder!
Ein schwarzes, feindliches Geschick
Entriß mir meine Schöne!
Kein Seufzer zaubert sie zurück,
Und keine Sehnsuchtsthräne!

O wandelt sie hinfort einmal
An meiner Ruhestelle,
Dann mache flugs mit trübem Stral
Des Grabes Blumen helle!
Sie setze weinend sich aufs Grab,
Wo Rosen niederhangen,
Und pflücke sich ein Blümchen ab,
Und drück’ es an die Wangen.


D 468